Qu'est-ce que tu préfères en France ?Les magasins, la cuisine et les gens qui sont très polis. Quand on me demande un autographe, les fans me disent "svp", "merci", alors qu'en Espagne, ce n'est pas le cas. En plus, à Paris, qui est la ville que je connais le mieux en France, j'ai remarqué à quel point le métissage était important. Il y a un nombre incroyable de nationalités et beaucoup de personnes de toutes les origines. Ce n'est pas du tout comme ça en Espagne et je le regrette. Je trouve les mélanges très intéressants, notamment en matière de musique. Ma musique préférée est la Fusion, c'est justement le mélange entre des rythmes traditionnels flamenco et des sonorités R'n'B et hip-hop.
Est-ce que tu t'es intéressée à la Fusion après ta rencontre avec ton petit ami Yotuel Romero et son groupe Orishas ?Non, bien avant UDT, je me suis lancée dans la muqiue avec un DJ avec lequel nous faisions de la Fusion. Nous nous produisions dans une discothèque de Madrid. J'avais fait une maquette de disque que j'avais proposé à Universal et qui devait sortir quand j'ai été engagée dans UDT. Au départ, je pensais à continuer à travailler tranquillement sur mon album en parallèle avec la série, car, pour moi, il s'agissait de deux choses radicalement différentes. Mais quand les directeurs d'Universal ont vu qu'un album des titres d'Upa Dance s'était vendu à un million d'exemplaires, ils m'ont conseiller de patienter pour sortir mon album solo. J'ai donc du attendre que l'aventure Upa se termine. Pendant cette période, j'ai fait la connaissance de Yotuel et je lui ai fait écouter ma maquette. Je lui ai demandé de participer à sa réalisation et c'est ainsi qu'il s'est investi dans ce projet. En plus, Orishas est une véritable référence en matière de Fusion.
Quels sont tes projets aujourd'hui ?Actuellement, je tourne à Madrid pour la télé espagnole une série documentaire sur la comédie musicale avec le metteur en scène français Jérôme Savary. Il s'agit de réinterpréter des extraits de comédies musicales célèbres comme "Cabaret", de Bob Fosse. Je travaille également sur mon deuxième album de Fusion avec Saïan Supa Crew. Je vais aussi jouer dans une version espagnole de "Roméo et Juliette" de Shakespeare l'année prochaine, mais rien à voir avec la comédie musicale que vous avez pu voir en France. Ce sera une comédie musicale, mais il s'agit d'un projet différent.
Quelles sont tes sources d'inspiration quand tu composes des chansons ?Il y a un verbe en espagnol qui n'existe pas en français : "desamar". Ca veut dire cesser d'aimer, et j'écris beaucoup sur cette sensation de désamour qu'on éprouve à la fin d'une relation. J'écris sur la solitude, la vie quotidienne...
N'est-il pas difficile d'écrire sur le désamour quand on vit soi-même une belle relation amoureuse ?Oui, mais je me souviens de ce que j'épprouvais lorsque j'étais malheureuse en amour. Les artistes sont plus productifs quand ils souffrent et ils se servent souvent de leurs propres malheurs pour créer.
Que penses-tu des changements sociaux qui sont intervenus en Espagne ces dernières années ?Je suis ravie des changements actuels en Espagne. Je suis née quelques années après la mort de Franco, mais, quand j'étais petite, je sentais encore la peur qui régnait chez les gens au lendemain de la dictature. A l'époque, Madrid était une ville très triste. En revanche, aujourd'hui, tout a changé en Espagne. La vie est très gaie, très colorée, et la population jouie d'une vraie liberté. Je sens vraiment une différence générationnelle entre ma gd-mère, ma mère et moi. Nous n'avons pas eu le droit de faire les mêmes choses et, à leur époque, la liberté d'expression n'existait pas. C'est pourquoi je suis très heureuse des avancées sociales comme le mariage gay, car je veux que chacun soit heureux et puisse vivre comme il l'entend
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